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Une guerre au Moyen-Orient qui fragilise les mines africaines

  • il y a 1 jour
  • 3 min de lecture

À première vue, un conflit entre les États-Unis et l’Iran semble bien éloigné des mines africaines. Pourtant, dans un monde où les chaînes d’approvisionnement et les marchés des matières premières sont profondément interconnectés, les conséquences d’une telle guerre se feraient rapidement sentir jusque dans les opérations minières en Afrique.


Le premier choc viendrait du pétrole. Une perturbation durable du détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique pour une grande partie du pétrole mondial, pourrait faire bondir les prix au-delà de 150 dollars le baril. Une telle hausse ne resterait pas sans effet : elle raviverait l’inflation, ralentirait la croissance mondiale et freinerait l’activité industrielle.


Or, les mines africaines, notamment celles produisant du cuivre, dépendent directement de cette activité économique mondiale. Lorsque la croissance ralentit, la demande en métaux suit la même tendance. Dans un scénario de conflit prolongé, la croissance de la demande de cuivre pourrait tomber à seulement 0,5 % à 1 %, un niveau particulièrement faible. Les prix pourraient alors passer sous la barre des 10 000 dollars la tonne, avec un surplus sur le marché. Pour des pays comme la République démocratique du Congo ou la Zambie, où le cuivre constitue un pilier économique, cela signifie des revenus en baisse et une pression accrue sur les finances des opérateurs miniers.


Mais la baisse des prix n’est qu’une partie du problème. Le véritable risque réside dans l’augmentation des coûts. Une hausse du prix du pétrole se répercute bien au-delà du carburant utilisé sur site. Elle affecte l’électricité, les transports, les équipements et même les salaires. Ainsi, même si le diesel ne représente qu’une fraction des coûts directs, l’effet global peut entraîner une hausse des coûts unitaires de 10 % à 20 %. Dans ce contexte, les marges des entreprises minières pourraient fortement se contracter, passant de niveaux confortables à des seuils beaucoup plus contraignants.


En Afrique, un facteur supplémentaire vient compliquer la situation : la dépendance à certains intrants chimiques. En République démocratique du Congo, par exemple, une part importante de la production de cuivre repose sur l’utilisation d’acide sulfurique. Or, cet intrant dépend en partie de chaînes d’approvisionnement liées au Moyen-Orient. Une perturbation de ces flux pourrait limiter la production, augmenter les coûts et créer des contraintes opérationnelles majeures pour les sites utilisant des procédés hydrométallurgiques.


À cela s’ajoutent d’autres tensions sur la chaîne d’approvisionnement. Les explosifs utilisés dans les mines, notamment à base de nitrate d’ammonium, dépendent d’ammoniac dont une part significative transite par la région du Golfe. Des perturbations logistiques pourraient donc ralentir certaines activités minières ou en augmenter les coûts.


Enfin, le rôle de la Chine ne peut être ignoré. Principal consommateur de cuivre africain, le pays montre déjà des signes de ralentissement, notamment dans son secteur immobilier. Une demande chinoise plus faible, combinée à un choc global lié au conflit, accentuerait la pression sur les exportations africaines.


Au final, une guerre entre les États-Unis et l’Iran agit comme un multiplicateur de tensions pour les mines africaines. Elle combine une demande affaiblie, des coûts en hausse et des chaînes d’approvisionnement fragilisées. Même si les fondamentaux à long terme du cuivre restent solides, notamment avec la transition énergétique, ce type de choc géopolitique pourrait retarder les investissements, freiner certains projets et exposer davantage les opérations les plus coûteuses.

Ainsi, sans qu’aucun combat ne se déroule sur le continent, les mines africaines pourraient subir de plein fouet les conséquences d’un conflit à des milliers de kilomètres.

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